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L’évolution du mode de calcul du DPE au 1er janvier 2026 

Nouvelle année…et nouveau DPE ! La méthode de calcul du Diagnostic de Performance Energétique (DPE) est modifiée depuis le 1er janvier 2026. AGI92 vous explique tout ce que vous devez savoir.

Les explications techniques sur le changement mis en oeuvre

L’arrêté du 13 août 2025, modifiant le facteur de conversion de l’énergie finale en énergie primaire de l’électricité relatif au DPE, est entré en vigueur le 1er janvier 2026.

L’énergie finale est celle qui correspond à la facture d’électricité (mais aussi de gaz ou de fioul). L’énergie primaire prend en compte, outre cette consommation facturée, l’énergie utilisée pour produire justement de l’électricité puis l’acheminer jusque dans les foyers.

Il convient de multiplier le chiffre de la consommation d’électricité effectivement réalisée pour chaque logement par un coefficient de conversion (2,3 jusque fin de l’année dernière) pour obtenir l’énergie primaire qui est prise en compte dans la détermination de la note énergétique.

Pour se caler sur les préconisations européennes, la France choisit d’abaisser ce coefficient à 1,9 pour tous les nouveaux DPE à compter de 2026. Précisons que les DPE effectués précédemment du 1er juillet 2021 au 31 Décembre 2025 demeurent valables (durée de validité de 10 ans) et peuvent être mis à jour gratuitement sur le site internet  https://observatoire-dpe-audit.ademe.fr/accueil sans nouvelle évaluation du diagnostiqueur.

Prenons un exemple pour bien appréhender les implications de cette évolution :

Un logement dispose d’une consommation d’électricité de 100kWh/m²/an (énergie finale). Sa consommation d’énergie primaire est donc dorénavant de 190 kWh/m²/an contre 230 kWh/m²/an précédemment.

L’étiquette du DPE qui mesure la performance énergétique d’un appartement ou d’une maison est susceptible d’être améliorée grâce à une prise en compte, moins pénalisante, de sa consommation d’électricité.

Il faut toutefois aussi tenir compte de la note évaluant les émissions de gaz à effet de serre dans la détermination de la classe Energie-Climat d’un logement.

Les finalités de ce changement

L’objectif de cette évolution réglementaire consiste à faire sortir de la qualification de « passoire thermique » 850 000 logements si l’on prend les données chiffrées de 2023.

Sur un total de 4,8 millions de résidences principales dotées d’un DPE F ou G, cela n’est pas négligeable sachant qu’aucune étiquette ne sera dégradée avec cette réforme.

On l’aura compris, les logements chauffés à 100% par l’électricité sont les grands gagnants de ce changement de coefficient.

Il convient ici de rappeler que ces 850 000 logements s’ajoutent aux 140 000 petites surfaces (inférieures à 40m²) qui ont été retirées de ce nombre important d’appartements et de maisons notés F ou G, suite aux modifications précédentes du DPE entrées en vigueur le 1er juillet 2024.

L’idée ici est de favoriser l’installation de pompes à chaleur voir de chauffe-eau thermodynamiques ou solaires en concentrant les aides financières attachées à la rénovation énergétique sur les logements les plus énergivores et polluants car chauffés et produisant de l’eau chaude sanitaire à l’aide d’un combustible fossile (gaz, fioul). Les principales aides sont MaPrimeRénov’, les certificats d’économie d’énergie (CEE), l’éco-prêt à taux zéro.

Espérons d’ailleurs, que l’exécutif et les parlementaires arriveront à se mettre d’accord rapidement pour doter la France d’un budget pour 2026, afin de mettre fin à la suspension annoncée par le ministre du logement Vincent Jeanbrun du dispositif MaPrimeRénov’. Sans guichet MaPrimeRénov’, il est difficile d’encourager efficacement le recours à une énergie décarbonée comme l’électricité recherché in fine par le gouvernement.

Pour conclure, on le voit bien, le DPE est un document très important dans la transition énergétique amorcée dans notre pays.

Il faut accorder une attention toute particulière à ce document, tant pour les logements individuels que pour les bâtiments d’habitation collective, puisque dorénavant, le DPE dit « collectif » est obligatoire pour toutes les copropriétés dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013.

En effet, depuis le début de cette nouvelle année, les copropriétés de moins de 50 lots, situées en France métropolitaine, sont aussi concernées par le « DPE collectif » au même titre que les tailles de copropriété plus grandes.